Savoir le plaisir que l'on a de passer d'un continent à l'autre, deux cultures, deux continents, deux pays et savoir embrayer et démarrer dans le climat de l'un qui n'est pas celui de l'autre.  J'ai pu constater cette fois le désir des québécois pour le chamanisme péruvien, colombien, mexicain..ces envoûtements à des confréries exotiques qui te permettent d'oublier le sur place des forêts déboisées ou les services cahotiques des hôpitaux montréalais ou la horde des mendiants de la rue Mont-Royal.  En arrivant à Orly, grève surprise, nous ne pouvons descendre de l'avion, "vous voici en France" nous dit le commandant de bord.  Nous attendrons une demie-heure l'ouverture des portes de l'avion et saurons très vite en débarquant que nous devons choisir entre les deux candidats socialistes, soit Martine Aubry, soit François Hollande.  Choisir, choisir, vivre et discerner.   Pendant notre traversée aérienne est projeté le très beau film de Roschny Zem:"Omar m'a tuer".  Je suis bouleversée, c'est ainsi trouver un bouc émissaire,ne pas laisser de place à sa parole, Ommar Raddad m'est sympathique, sa douleur, son exclusion, cette grande fragilité de l'humain qui du jour au lendemain peut basculer dans un personnage imprévu où il ne se reconnait pas, où il perd pied, où l'isolement l'enferme car soudain cet hurlement:"qui me croit, qui m'entend, ai-je une parole?"."Dresser l'homme contre l'homme.  Confondre les libertés en mettant tout dans un même sac: suicide, apocalypse, sans papier, immigrés, chômeurs, les banques, les pesticides, la fermeture des hôpitaux, des écoles, la surpopulation des prisons, la guérison spirituelle,l' homéopathie, le nouvel âge.  Se servir des conflits émotifs entre les êtres pour les enfermer et les réduire à la privatisation de leurs droits de citoyens, et vernir la morale du bien et du mal.  Je te condamne parce que j'ai besoin de te condamner."  Ommar Raddad est innocent, veut une révision de son procès, a obtenu une remise de peine mais pour la justice est toujours coupable."Puis-je m'entretenir avec vous?  Je désire m'entretenir avec vous, je manque d'oxygène, le loquet de nos peurs est solide, l'intérieur de mes saisons ne connait pas de repos, je tremble, suis-je une passagère clandestine, avons-nous mission d'être exilés en nous incarnant sur la terre?"  Qui de nos deux élus a le moins peur? De tourner le dos à nos habitudes? Martine Aubry ou François Hollande?  Il nous est impératif de donner nos voix à celui pour qui l'homme est homme, pour que chaque parole soit une voix entendue et que nous puissions oeuvrer ensemble à un monde de partage où chaque différence est reconnue et respectée et que grâce à la connaissance de nos différences, à leur acceptation nous nous acheminions vers un monde où les mots fraternité, égalité, liberté ont du sens dans l'essence de notre quotidien, lui donnant son sens. J'ai juste le goût de vous partager un poême écrit il ya quelques années, toujours d'actualité,

"De toutes les couleurs qui parlent en moi je suis du Québec et de France

 comme si mon histoire j'ai en moi à la connaître aux frontières de mon corps

ces deux pays que je porte dans ma chair c'est hier c'est aujourd'hui

j'habite cette campagne porteuse des semences de mes territoires

l'océan nous sépare l'océan nous unit

de ces continents qui se touchent sans se confondre

c'est l'histoire de nos pays que nous avons à revivre à enfanter

au-delà de nos meurtrissures de nos guerres

il est toujours l'heure de tourner le dos à nos habitudes

et de croire à aujourd'hui à l'amour

je suis femme

le tendre soleil de notre automne espoir d'ouvrir nos portes

la marche de notre planète intérieure extérieure

nos vies miroirs des paysages semés en nous autour de nous

toujours émerveillée de pouvoir recréer la vie

pouvoir du mot de la parole née

par mon mot j'ai pouvoir de naître au sacré de mon corps

le poête

tend la main aux "vivre" de notre histoire

et ce sont ces "vivre" que je nous invite à partager et à conjuguer

dans le silence de nos coeurs chaque jour une aube se lève."

J'ai écrit: "Par d'autres chemins, ma différence en 2000.  La maison d'éditions a déposé son bilan.  Ce livre demeure toujours d'actualité. Si le lire vous intéresse, vous me contactez."

A bientôt,

Marie-France