Le public se presse en ce samedi soir.  Deux évènements à ne pas manquer au Beauvais, Saint-Saulge, Nièvre, une exposition de Ko Lin et un concert donné par le groupe "Abilus", chanson équatorienne.  Ils sont nombreux ceux qui de la Nièvre ou des départements limitrophes prennent la route de l'Art vers les salons du Beauvais.  Dès l' arrivée,l'Association "Arts et Paroles" sert à chacun un punch aux saveurs d'Equateur, citron vert, rhum et des centaines de feuilles de menthe pilée qui rappellent  à nos papilles l'une des  origines de notre patrimoine sensitif, soit le goût.  Les langues se délient, admiratives car l'exposition s'articule autour de deux propositions artistiques qui ont en commun le dessin numérique.  Le gang Gulabi a séduit Ko Lin et si je le comprends je suis aussi émue devant la force de ces visages de femmes décidées, énergiques. De ces regards dans lesquels je m'identifie, je me reconnais, le respect de notre corps, de notre parole, de notre féminité.  Mais qui sont-elles?  Ce Gang Gulabi est un mouvement de femmes formées par Sampat Pal Devi dans le district de Banda de l'Uttar Pradesh en Inde du Nord.  Cette région est pauvre et marquée par une culture profondément patriarcale, des divisions de castes, l'analphabétisme des femmes, la violence domestique, le travail des enfants, les mariages d'enfants et la demande de dots.  Sampat dit: "Nous ne sommes pas un gang dans le sens habituel du terme, nous sommes un gang pour la justice."Ces corps de femme montrent une détermination incontournable.  Ko Lin prend la parole:"J'ai élaboré ce travail dès le printemps 2012.  Mon attraction pour ce groupe a commencé par la vision des saris rose-fushia.  Les GULABI sont le pendant des FEMEN, travail que j'ai élaboré en parallèle.  Ces séries se sont organisées autour de Lucy qui en est la naissance. J'ai pris également l'usine Lambiotte de Prémery comme sujet, car autour de l'architecture industrielle se véhiculent fascination et rejet.  Ces sites orphelins qui traduisent la présence enfouie et invisible d'une catastrophe autant environementale qu'humaine."  Réflexions philosophiques qui nous guident vers la salle du concert où ont pris place Xavier Suarez à la guitare, son épouse Elodie, chanteuse et Eva Fogelgesang, harpiste. Comme le souligne Xavier Suarez, "L'Equateur est un pays pluriethnique et par conséquent , il est inconcevable d'y trouver une musique représentative de cette diversité.  C'est pourquoi nous préférons parler de Chanson Equatorienne pour évoquer ce répertoire: les textes prennent vie dans ce cadre précis et sont, pour la majorité d'entre eux, issus d'auteurs identifiés." A la guitare Xavier redécouvre une technique spécifique et disparue de l'Equateur.  Le trio nous bouleverse par la qualité des sons tant instrumentaux que vocaux.  Nous sommes envoutés par ces rythmes d'un ailleurs qui nous incite à rêver et à nous relier aux cultures de ces peuples dont les traditions remontent à une origine lointaine de notre humanité, cette origine d'un lien fraternel qui permet d'espérer en l'humain.  Nous bâtissons des relais pour une humanité parlante, musicale, sensible, aimante où notre seul désir est de partager des instants heureux.....quand les conflits laissent place à la paix........à la beauté......au lien entre les hommes et les femmes....L'exposition est visible jusqu'au 12 janvier sur rendez-vous: 03 86 58 29 98...KO LIN....à venir, à prendre le temps d'avoir du plaisir ...Abilus: leur nouveau disque......quelques idées de cadeaux...fin 2013...2014.....