L'anecdote de ce samedi matin à 8heures 43 au guichet extérieur de la Société Générale: je vais chercher des espèces et marche avec un ami dans les rues de Paris 4ème, en route pour  suivre un atelier de chant, je mets ma carte bancaire au distributeur, compose mon code, me trouve bousculée, enserrée par une jeune femme tandis qu'une autre se glisse entre mes jambes, compose le montant d'une somme d'argent et s'enfuit...Je hurle, un tel cri strident que mon ami capture l'une des jeunes filles et un passant l'autre.  Des gens aux fenêtres, un attroupement se forme.  Les gendarmes arrivent.  J'entends les rumeurs: des voleurs ces gens là, oui des voleurs: on en a plus qu'assez, oui assez....Les adolescentes, deux Roms de 14 ou 15 ans sont menottées.  Elles ne parlent pas français.  Et nous partons, elles dans une voiture de police, moi dans une autre.  Je n'ai rien vu, ayant récupéré ma carte bancaire, en possesion de mon porte monnaie et de mon portable, je suis persuadée qu'elles n'ont pas volé.  Pendant que je remplis ma déposition, un gendarme vient et me dit: voilà ce qu'elles vous ont volé: trois cent euros.  Je suis abasourdie.  Je récupèrerai l'argent dans l'après-midi et vérifierai sur mon compte l'enregistrement de ce retrait à 8h43.  Les ROMS...encore eux....pourquoi?  Comment ouvrir un dialogue avec ceux et celles qui nous affolent et nous effraient?  Ne pourrions-nous pas  mettre en place un bâton de parole avec tous les acteurs de cette scène: comprendre, enfin comprendre ce qui manipule l'humain dans sa complexité à vivre dans le respect de lui-même et de l'autre.  La misère certes mais il y a la peur, cette peur originelle de la différence, de l'inconnu, de l'autre, l'histoire ne compte plus les situations d'exclusion de celui qui ne me ressemble pas.  D'où vient ce besoin de clônage?  C'est ma journée de soins, oui je suis choquée, avoir été victime d'un toucher agressif ne laisse pas indifférent et dans ce même après-midi, une jeune femme présente à ma conférence du mardi se laisse soigner pour me dire:"vous êtes sur une liste de sectes", qu'est-ce que cela vous fait?" Ma mémoire de cette année, 1995, je descends au café de mon village acheter des cigarettes et je suis la proie de tous les regards, je ne sais pas encore la nouvelle, une amie m'appelle, j'éclate de rire mais bientôt, les enquêtes des R.G., les girofards chaque soir etc....l'exclusion de la cité, la seule personne du village à être venue vers moi, une chrétienne puis un journaliste, un seul à oser me rencontrer et à avoir le courage d'écrire:"Retour sur une Injustice"..mais je suis stigmatisée et répertoriée sur cette liste, encore aujourd'hui le quidam me perçoit comme une sorcière et ne comprend pas pourquoi je vis, sois comme moi chante la chanson populaire....nos amis amérindiens...nos amis homosexuels....nos amis des églises évangélistes...etc.....plus monstrueusement, nos guerres de civilisation qui ne stopprent pas... et les bien-pensants au nom d'une morale qui nous affame, je suis choquée non par ces deux adolescentes victimes d'une société et d'une mafia totalitaire mais du manque d'amour au nom de l'amour, et de la peur qui grandit et de la haine entre nous, l'homme qui refuse de dialoguer et milite pour les droits de l'homme, notre colère fait la une de tous les médias quand il serait nécessaire de mettre en place des politiques du partage et de l'entraide et de l'ouverture des coeurs.....Illusions, utopies...j'ai envie de croire à une lente mais certaine déprogrammation de nos scénarios suicidaires et guerriers et lapidaires...ASSEZ, mais assez entre nous, ouvrons nos coeurs ..... il est l'heure de lâcher prise au mutisme des âmes....de notre âme.....